Circulation des motoneiges dans le Parc national du Mont-Tremblant
par Simone Fabre et Bruno Longpré, technologue en construction et architecture
Depuis de nombreuses années, les instances publiques gouvernementales tolèrent les sentiers des clubs de motoneiges qui traversent le parc du nord au sud et d'est en ouest. Les motoneigistes circulent en grand nombre dans le parc, sur plus de
À l'approche d'un convoi de motoneiges, les grands cervidés (orignal, caribou, etc.) ont tendance à fuir dans toutes les directions, effarouchés par le bruit strident qui envahit soudainement le calme de la forêt boréale. Ce faisant, ils épuisent leurs maigres réserves d'énergie à courir dans un épais couvert de neige. Durant la saison hivernale, les réserves énergétiques de ces grands mammifères à sang chaud sont tout juste suffisantes pour leur permettre de passer l'hiver. La majorité d'entre eux survivent de justesse jusqu'au printemps, saison où de nouvelles pousses dans les arbres fournissent une nourriture abondante leur permettant de refaire leurs forces.
D’autre part, le moteur de type « deux-temps » qu’utilisent 90 % des motoneiges immatriculées au Québec (données 2007) rejette par sa tuyère d'échappement de 30 à 50 % du combustible utilisé pour son fonctionnement. Cette portion du combustible admis dans le carburateur n’est pas brulée et est vaporisée dans l'environnement via la tuyère d'échappement. Ces chiffres s’appliquent aux motoneiges neuves ou entretenues correctement. Les vieilles motoneiges sont plus nocives encore.
Une journée de huit heures d'utilisation d'une motoneige à moteur de type « deux-temps » équivaut (en équivalent pollution) à plus de
Plusieurs organismes gouvernementaux canadiens, américains et européens ont réalisés des études qui mettent en lumière le haut risque cancérigène qui existe pour les usagers qui pratiquent
La tuyère d'échappement d’une motoneige est dirigée près du sol afin d’éviter d’incommoder la personne qui
Cette neige ainsi contaminée crée un véritable choc toxique pour l'environnement au moment de la fonte printanière. Sur
Les animaux qui s'abreuvent dans les mares d'eau de fonte contaminées au printemps ingèrent une quantité importante de polluants des rejets des motoneiges. Des composés de nature corticoïdes ont été retrouvés notamment dans les déjections des loups et des grands cervidés. Ces composés présents dans les déjections des animaux sauvages sont une preuve directe de l'ingestion d'eau contaminée par ces derniers.
Le Québec compte sur l'ensemble de son territoire 7 % d'aires protégées, incluant les nouveaux sites « projetés » qui ont été désignés récemment. Ce pourcentage d'aires protégées au Québec est bien inférieur à la moyenne internationale qui s'élève à 12 %. À titre d'exemple, aux États-Unis, 10% du territoire est dédié aux aires protégées.
Dans ce contexte, il est raisonnable de penser que les motoneigistes pourraient faire amende honorable et circuler à l'extérieur du maigre pourcentage d'aires protégées que nous avons actuellement sur notre territoire. Aux arguments voulant que la suppression de cette circulation dans le parc perturberait l’économie touristique, nous répondons que dans le parc il n’existe aucune station service, aucun restaurant, aucun motel et que les
Un collectif de groupes environnementaux fera faire des études de contamination de la neige et des eaux de fonte dans le Parc national du Mont-Tremblant. Ces études seront réalisées vers la fin du mois de mars 2009, après une autre saison de pratique de la motoneige dans les sentiers du parc. Elles seront conduites par des scientifiques de l'Université de Montréal, et les résultats seront publiés dans les médias en même temps qu'un plaidoyer semblable à celui-ci pour faire cesser la pratique de la motoneige dans les aires protégées du parc.
Le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) reconnaît le problème et les conséquences néfastes sur le milieu créé par cette circulation. Le projet d’un sentier alternatif pour contourner le parc tarde à se réaliser. Toutes les parties concernées (MRC, municipalités, Fédération des clubs de motoneigistes, etc.) doivent parvenir à un accord, ce qui risque de maintenir encore pour quelques temps, la circulation des motoneiges dans cette aire protégée qu’est le Parc national du Mont-Tremblant.
Les Amis du Parc national du Mont-Tremblant www.parcamisdumonttremblant.com
