Encadré 1 : Les causes de la dégradation des sols


La dégradation des sols se manifeste sous plusieurs formes selon le climat, les pratiques agricoles ou sylvicoles, l’activité industrielle environnante et le niveau de richesse économique des régions affectées.

Contamination chimique

La contamination chimique provient de multiples sources. Les déchets de consommation, les rejets industriels ou encore les rejets agricoles sont pointés du doigt. Cette contamination parvient également aux sols par différentes voies comme les déversements accidentels, les dépôts atmosphériques (voir le texte sur la pollution atmosphérique dans ce dossier) ou encore l’épandage d’engrais chimiques. Un grand nombre de ces polluants est persistant, c’est-à-dire qu’ils ne se dégradent pas ou très lentement, et ont des effets nocifs sur l’environnement et la santé humaine. Les végétaux croissant sur des sols très contaminés peuvent devenir impropre à la consommation.

Acidification

L’acidification des sols est généralement liée à la contamination chimique par les dépôts atmosphériques qui créent les pluies acides, ou encore par l’ajout d’engrais azotés dans les champs. L’augmentation de l’acidité diminue la disponibilité de certains éléments nutritifs et favorise l’absorption de métaux toxiques par les végétaux. On dénote parmi les effets de l’acidification, la diminution des rendements agricoles et sylvicoles, des différences dans la composition chimique des végétaux et une diminution de l’activité biologique.

Érosion

L’érosion est un phénomène naturel où l’eau, érosion hydrique, et le vent, érosion éolienne, déplacent des particules de sol. Elle devient problématique lorsqu’elle est accélérée par des mauvaises pratiques de gestions des sols qui mettent ces derniers à nu. Un travail du sol inadapté, un surpâturage ou une coupe de bois laissant un couvert végétal insuffisant en sont les principaux exemples. La diminution de la quantité de sol d’un endroit désiré vers un lieu non souhaité (ruisseaux, bâtiments…) résulte de l’érosion.

Épuisement

L’épuisement des sols se manifeste lorsqu’il y a une diminution de la quantité et de la diversité des nutriments nécessaires à la croissance des végétaux. La sur-utilisation des terres (le trop peu de repos accordé) et l’insuffisante quantité de végétaux laissés sur le sol par les activités forestières et agricoles en sont les causes. Il est possible d’y remédier par un réapprovisionnement du sol en nutriment à l’aide d’engrais naturels (les fumiers) ou chimiques. Ces derniers engendrent toutefois d’autres problèmes s’ils sont mal gérés. De plus, ils sont peu accessibles par leur prix élevé.

Salinité

La salinité des sols se manifeste par une augmentation de différents sels dans le sol qui abaissent la mobilisation de l’eau par les plantes. Deux pratiques sont principalement en cause, soit la mauvaise utilisation de l’irrigation et le remplacement de la végétation naturelle par des cultures ayant des besoins en eau inférieurs. Celles-ci engendrent localement un surplus d’eau qui entraînera l’élévation des nappes souterraines. Lorsque le niveau des nappes s’approche de la surface du sol, l’eau s’évapore et laisse sur place les sels minéraux qu’elle contenait. Le phénomène de salinisation survient généralement en milieu sec, là où l’irrigation des terres est employée et dans les endroits où le sol est naturellement riche en sels.

Compactage

La compaction se produit lorsqu’il y a une diminution de la porosité des sols sous l’effet d’une pression externe. Les gouttes de pluie créent naturellement cette compaction. Toutefois, le tassement naturel n’atteint pas le degré de compacité du tassement engendré par l’utilisation d’engins lourds. On parle alors de compactage des sols. Ce phénomène survient là où la machinerie lourde pour les travaux agricoles et sylvicoles est utilisée. La faible porosité affecte négativement la disponibilité de l’air et de l’eau, ce qui entraîne la diminution du nombre de racines profondes et bien développées affectant l’émergence des végétaux hors de la terre.

Urbanisation

Les villes se développent souvent sur des terres de qualité grugeant ainsi des superficies parfois importantes aux potentiels agricole et sylvicole. Généralement, les sols se dégradent irréversiblement sous la construction de bâtiments et d’infrastructures routières. L’urbanisation est observable sur tous les continents, mais plus spécifiquement par l’expansion urbaine nord-américaine, le développement de nouvelles villes dans les pays émergents et l’accroissement de la surface des villes dans les régions connaissant une très forte poussée démographique.