Attendre la seconde génération de biocarburants

Les biocarburants de première génération sont essentiellement le bioéthanol et le biodiesel, tirés de produits agricoles comme le maïs et la canne à sucre. Leur production a connu, ces dernières années, une croissance rapide, en raison, notamment, des politiques de soutien mises en place. Les Amériques viennent en tête dans ce domaine. Le Brésil produit 60 % de tout l’éthanol mondial tiré du sucre ; en 2005, sa production a atteint un record de 16,5 milliards de litres, dont deux millions étaient destinés à l’exportation.

Alors même que les biocarburants constituent un solide espoir de réduire la dépendance par rapport aux combustibles fossiles, il est à craindre qu’ils ne provoquent une hausse du prix des produits alimentaires et l’accélération de la déforestation, source de nouvelles émissions de CO2. Les recherches effectuées par David Pimentel et Tad Patzek, de l’Université Cornell aux Etats-Unis, cautionnent l’idée que « la production de biocombustibles consomme plus d’énergie qu’elle n’en fournit », compte tenu des méthodes actuelles de traitement, ce qui signifierait que les biocombustibles, en réalité, « ont un bilan négatif en termes d’émissions de gaz à effet de serre, alors qu’ils visent l’effet contraire.

À long terme, leur effet sur le prix des produits alimentaires pourrait s’atténuer mais l’impact sur l’environnement dû aux besoins en terres et en eau que ferait naître une augmentation brutale de la production des biocarburants de première génération risquerait de perdurer.

La solution pourrait se trouver dans les biocarburants de seconde génération [Ndlr : comme les résidus des cultures de céréales (cosses, tiges, feuilles) et les déchets industriels (copeaux de bois, pulpe de fruits, etc.)]. Ils pourraient éventuellement réduire les besoins en terres par unité d’énergie produite et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, les biocombustibles de seconde génération ne sont pas encore testés sur le plan commercial, et leurs effets sur l’environnement et les êtres humains restent incertains. L’utilisation des aliments pour bétail et des résidus agricoles peut, par exemple, aller à l’encontre de la volonté de stocker des matières organiques dans les agro-écosystèmes durables.

La bioélectricité et le biochauffage sont en général plus efficaces et produisent moins d’émissions de gaz à effet de serre que les biocarburants liquides et les combustibles fossiles. Les digesteurs, gazogènes, et les appareils de combustion directe peuvent être utilisés avec succès dans certaines zones qui ne sont pas électrifiées. Il existe un potentiel pour développer ces usages, mais des recherches sont nécessaires pour en réduire les coûts et améliorer la fiabilité de leur fonctionnement.

Source : Évaluation internationale de la science et la technologie au service du développement (2008)