La santé des écosystèmes marins – c’est dans notre intérêt à tous!
Martine Landry (Pêches et Océans Canada), Robert Siron (Pêches et Océans Canada) et Francine Mercier (Parcs Canada)
Nous avons tous un rôle à jouer pour protéger la santé de l’écosystème marin car c’est notre avenir qui est en jeu. Le Canada a comme objectif de favoriser la gestion intégrée des activités marines, des ressources et des espaces océaniques, ainsi que de mettre sur pied un réseau écologique d’aires marines protégées, et cela, en favorisant la collaboration des citoyens et celle des divers organismes gouvernementaux et non gouvernementaux ayant à cœur la conservation qui vont permettre la réussite d’un tel réseau.
Tout comme pour la santé humaine, on parle maintenant de la santé des écosystèmes – un concept très utile pour les gestionnaires et les scientifiques. Un écosystème est un système complexe comprenant les organismes vivants - des bactéries aux baleines - leur environnement physique ainsi que toutes les interactions entre ces éléments constitutifs. Nul ne connaît toutes les créatures ou tous les liens qui les unissent. Les sciences marines ont fait d’énormes progrès, mais nos connaissances actuelles sont encore limitées, tout comme nos ressources. Dans ce contexte, il devient intéressant d’avoir une image plus « généraliste » de l’écosystème marin: l’écosystème fonctionne-t-il comme il le devrait, et comme il a toujours fonctionné? Son état s’améliore-t-il ou se dégrade-t-il? Bref, l’écosystème est-il en santé? Pour répondre à cette simple question, il faut regarder l’écosystème dans son ensemble, car la santé de l’écosystème, tout comme celle des humains, est le résultat combiné de l’état de tous ses éléments vitaux. Nous essayons alors d’établir un diagnostic sur la base d’indicateurs mesurant la diversité biologique marine, la productivité des océans, et la qualité du milieu marin. Ceci constitue le principe clé qui est à la base de l’approche de gestion basée sur l’écosystème que le Canada est en train de mettre en place pour la gestion intégrée des activités, des ressources et des espaces océaniques.
Tout comme un être vivant, un écosystème peut « tomber malade » s’il est perturbé par des agents extérieurs néfastes qui affectent sa santé et son bon fonctionnement. Dans le cas des écosystèmes marins, les « symptômes » sont par exemple une diminution de la diversité ou productivité des espèces, des changements dans les propriétés physiques et chimiques de l’eau et la prolifération soudaine d’algues dont certaines peuvent être toxiques pour la santé humaine. Dans les pires cas, lorsque l’écosystème est gravement malade, on observe la disparition d’espèces, la perte d’habitats côtiers ou la dégradation de la qualité de l’eau à un point tel que les usages sont perdus et les produits de la mer tant appréciés des consommateurs ne sont même plus aptes à la consommation humaine. Car il faut bien comprendre que la santé des écosystèmes marins et la santé humaine sont étroitement liées — la dégradation de la première aura, tôt ou tard, des répercussions désastreuses et coûteuses sur la seconde.
Quelles sont donc les principales causes de maladie des écosystèmes marins? Elles sont maintenant bien connues des scientifiques, mais elles restent toujours très difficiles à gérer et à contrôler : la pollution par le déversement de produits toxiques et les affluents, la détérioration des habitats côtiers essentiels pour la survie d’espèces marines et la surexploitation des ressources vivantes au-delà du taux naturel de reproduction des espèces pêchées. Le Canada n’échappe pas à ces menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins, même si généralement, la qualité de l’environnement marin au Canada se compare avantageusement à celle du reste du monde. À cela s’ajoutent maintenant les changements climatiques qui auront aussi des conséquences très marquées sur les écosystèmes marins à l’échelle globale.
Face à une perturbation, un écosystème a néanmoins la capacité de s’adapter aux nouvelles conditions du milieu ou de retourner à son état initial avec le temps. Mais cette capacité qu’on nomme la résilience de l’écosystème, a ses limites. La théorie ancienne du pouvoir auto-épurateur des océans ou de la régénération infinie des stocks de poissons ne tient plus aujourd’hui. Grâce aux scientifiques et aux études et observations à travers le monde, on sait maintenant que si nous poussons trop loin les impacts de nos activités humaines sur les écosystèmes marins et côtiers, ces derniers risquent de ne plus fonctionner de manière efficace comme ils l’ont toujours fait. Dans les cas extrêmes, les conséquences incluent des changements irréversibles et des pertes majeures, tant en termes écologiques, qu’économiques ou culturels.
C’est pourquoi, il est absolument nécessaire d’investir des efforts pour protéger les écosystèmes marins et en particulier leurs éléments qui sont les plus importants d’un point de vue écologique. Les gestionnaires des océans ont plusieurs outils à leur disposition; un des plus prometteurs, appliqué à travers le monde ainsi qu’au Canada est l’établissement de réseaux d’aires marines protégées dans le contexte d’une gestion intégrée du milieu.
Des écosystèmes marins en santé – c’est l’affaire de tous et de chacun!
Alors que Pêches et Océans Canada gère la coordination d’un réseau national d’aires marines protégées, la responsabilité est partagée. Ainsi, trois programmes fédéraux d’aires marines protégées contribuent à un réseau plus compréhensif :
- Les aires marines nationales de conservation créées par Parcs Canada pour protéger et conserver des aires marines représentatives de notre patrimoine naturel et culturel marin et pour permettre au public de le connaître et de l’apprécier;
- Les réserves marines de faune créées par Environnement Canada pour protéger et conserver les habitats de diverses espèces sauvages, y compris les oiseaux migrateurs et les espèces menacées;
- Les zones de protection marines établies par Pêches et Océans Canada pour protéger et conserver les habitats importants pour les poissons et les mammifères marins, les espèces marines menacées, les éléments uniques et les zones de forte productivité biologiques ou de grande biodiversité.
Les refuges d’oiseaux migrateurs, les réserves nationales de faune et les parcs nationaux ayant des composantes marines contribuent également au réseau d’aires marines protégées. S’ajoute à celui-ci l’apport des provinces et des territoires avec leurs propres outils de conservation et de gestion dans le milieu côtier.
Au Québec, ce réseau en est à ses débuts mais demeure néanmoins important. Parmi les sites fédéraux contribuant au réseau, on compte le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, la composante marine du parc national du Canada Forillon et de nombreux refuges d’oiseaux migrateurs dont Watshishou, Saint-Augustin et Île à la Brume. D’autres sites d’intérêt pour des aires marines protégées dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent visent le développement durable du milieu tout en incluant des objectifs de conservation.
Pour en savoir plus
Pour de plus ample renseignement sur la Stratégie fédérale sur les aires marine protégées du Canada, cliquez ici >>
Pour de plus amples renseignements sur les priorités du Gouvernement du Canada en lien avec la protection du milieu marin, visitez les sites suivants :
Le gouvernement du Canada annonce de nouveaux projets pour protéger la santé des océans
Initiatives pour améliorer la santé des océans du Canada

