Nature Québec / UQCN célèbre :
25 ans de personnes engagées, 25 ans d’action
Harvey L. Mead
Le 3 juillet 2006 Nature Québec / UQCN marquait son vingt-cinquième anniversaire d’activités, et ce sans compter la période de gestation vécue sur les battures de Beauport, dans les marais de Kamouraska et sur les rives du Lac-Saint-Pierre. Aujourd’hui, les batailles continuent et laissent entrevoir un autre 25 ans d’activités.Vingt-cinq ans, ça se souligne. Pour certains, comme pour moi, il s’agit d’une période vécue pleinement et intensément au sein de l’organisme; pour d’autres, il s’agit de passages plus ou moins longs, parfois suivis de l’extérieur. Pendant l’année qui vient, Nature Québec / UQCN va mettre en évidence tout le travail accompli par ces personnes entre 1981 et 2006.
Nature Québec / UQCN avait des prédécesseurs : ceux qui sont intervenus pour empêcher que les gorges de la rivière Jacques-Cartier ne se retrouvent sous un réservoir derrière un barrage d’Hydro-Québec; ceux qui se sont mobilisés pour former la Coalition Sauvons les battures de Beauport, soit plus d’une vingtaine d’organismes locaux, régionaux et nationaux. Pendant près de deux ans, ces derniers sont intervenus pour faire dévier l’autoroute des grèves et mettre fin au projet de remplissage du fleuve jusqu’à l’Île d’Orléans, devant la ville de Québec, site du patrimoine mondial UNESCO.
Le Front commun québécois des espaces verts et des sites naturels a vu le jour en 1981 pour maintenir l’initiative et l’organisation mise en place à la fin des années 1970 et le début des années 1980. Six groupes étaient présents : le Club des ornithologues du Québec, la Société Provancher d’histoire naturelle du Canada, la Société Linéenne du Québec, le Conseil régional de l’environnement de l’Est du Québec, le Conseil régional des loisirs et le Laboratoire d’écologie végétale de l’Institut botanique de Montréal.
Deux ans plus tard, un programme fédéral acceptait de financer notre projet de produire un premier magazine québécois consacré à la conservation et aux sciences naturelles appliquées sur le terrain. En 1983, l’équipe du magazine était formée. Le premier numéro de FrancNord, tiré à 13 000 copies, a vu le jour à la fin de l’hiver 1984. Devenant FrancVert en 1990, le magazine s’est maintenu, grâce à la volonté des gens impliqués, pendant 15 ans.
À la même époque, l’organisme a décidé de s’associer au mouvement international lancé par l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN) et de sa Stratégie mondiale de la conservation. Devenu l’Union québécoise pour la conservation de la nature, l’UQCN a mis sur pied des commissions impliquant des citoyens soucieux de préserver l’environnement (pour en savoir plus sur les commissions). Aujourd’hui, ces commissions sont aux nombres de 6 et regroupent plus des dizaines d’experts et bénévoles.
En 1989, année importante pour l’UQCN, des fondations canadiennes appuient l’initiative de notre organisme pour lancer Stratégies Saint-Laurent. Réunissant une dizaine d’organismes, Stratégies Saint-Laurent a crée des comités ZIP dans toutes les régions du fleuve, de l’estuaire et du golfe. Ces comités permettent à la société civile d’être présente dans le processus décisionnel des plans gouvernementaux concernant le Saint-Laurent. Devenu indépendant en 1994, Stratégies Saint-Laurent et ses quatorze comités ZIP sont toujours actifs.
Dix ans plus tard, soit en 1999, l’UQCN vivait une crise financière. Alors que la Coalition pour la forêt vierge nordique, coordonnée par l’UQCN, semblait obtenir le soutien de milliers de Québécois, FrancVert a disparu, entraînant avec lui le concours « La nature du Québec en images » dont les photos gagnantes embellissaient un numéro spécial du magazine chaque année.
Le même esprit combatif, présent chez les fondateurs, a mobilisé l’énergie des gens de l’UQCN et notre organisme a réussi à passer à travers cette crise. Depuis, sans magazine, mais avec un webzine que vous lisez actuellement et, jusqu’en novembre de cette année, sans concours photos, l’UQCN a mis l’accent sur ses interventions directement associées à la conservation. Ses commissions ont pris de l’envergure et acquis de la notoriété. Les deux personnes qui ont maintenu le fort en 1999-2000, sont maintenant succédées par près de quinze employés qui soutiennent des centaines de bénévoles à l’œuvre partout et dans tous les secteurs.
Au fil des ans, les six groupes originaux ont été joints par près d’une centaine d’organismes, les membres affiliés de l’UQCN, et le membership est passé à environ 8000 personnes. Vingt-cinq ans après la réception de la première cotisation d’Adalbert Bouchard, une pétition visant la sauvegarde et la création d’aires protégées au Québec a obtenu l’appui de 180 000 personnes. Aucun organisme québécois ne ratisse aussi large : agriculture, foresterie, enjeux énergétiques, maintien des écosystèmes riverains, aires protégées, transports et développement urbain, tout y passe. Ces thèmes sont abordés sous la bannière de la conservation de la biodiversité, inscrite dans les objectifs de l’UICN et adaptés par l’UQCN au territoire québécois.
Pour souligner son intention de rester dans le portrait québécois pour un autre 25 ans, l’UQCN est devenu, en 2005, Nature Québec / UQCN. L’organisme maintien ses liens avec la conservation, en gardant son nom de longue date UQCN, mais insiste plus que jamais sur le fondement de tout développement c’est-à-dire le maintien des écosystèmes et de la biodiversité, le maintien de la nature.
